Dans le grenier de Claire

La musique souvent me prend... comme l'amour au Théâtre de Ménilmontant

31 Janvier 2015, 19:42pm

Publié par Claire

Aujourd'hui j'ai à nouveau profité de mon pass Theatro... Et pour la première fois, j'ai été déçue, mais c'est un peu le jeu, et un tel pass permet de prendre des risques et c'est tant mieux.

Pourtant, ce spectacle, "La musique souvent me prend comme l'amour", consacré à Léo Ferré, avait tout pour me plaire. Je suis très sensible aux mots de ce chanteur-poète. Oui mais voilà... L'équipe d'excellents musiciens et comédiens a souffert d'une mise en scène étrange, d'un décor inexistant et d'un souci d'organisation de la part du théâtre. Ca fait beaucoup...

La musique souvent me prend... comme l'amour au Théâtre de Ménilmontant
La musique souvent me prend... comme l'amour au Théâtre de Ménilmontant
La musique souvent me prend... comme l'amour au Théâtre de Ménilmontant

Reprenons: le spectacle était programmé à 16h au théâtre de Ménilmontant. Au début, j'étais ravie, assise dans un joli siège de théâtre en attendant avec d'autres personnes arrivées, comme moi, une vingtaine de minutes avant le spectacle. 

La musique souvent me prend... comme l'amour au Théâtre de Ménilmontant
Or... à 16h20... toujours rien. Et là, le guichetier, très sympathique et accueillant, il n'y est pour rien, se rend compte d'un souci d'organisation. On nous avait dit (on était une bonne quinzaine de spectateurs dans le hall) d'attendre là, qu'on viendrait nous chercher et là une fille arrive et nous amène, sans aucune excuse et sans prévenir de l'erreur, dans une salle en passant par dehors... et où le spectacle avait commencé! Oui oui, vous avez bien lu, le spectacle avait commencé à 16h avec une dizaine de spectateurs, déjà dans la salle. On nous y a fait rentrer comme si rien n'était, j'étais ébahie, je n'ai rien compris. Et en sortant, aucune excuse, ce qui fait que je ne suis pas prête d'y remettre les pieds, sans compter que je n'ai pas trouvé la salle belle du tout et qu'on entendait la répétition juste à côté pendant la représentation. Tout cela a fait déjà, à la base, qu'évidemment il était très difficile de se concentrer sur le spectacle. Et je n'ai pas pu me débarrasser de ma doudoune vu qu'on est rentrés dans le noir, j'avais peur de faire du bruit en m'installant, comme les naufragés du hall avec moi qui avaient tous gardé leur manteau, ce qui fait qu'évidemment les conditions n'étaient pas optimales.

Et le spectacle? Je suis, comment dire, dubitative. Les membres de la troupe sont vraiment d'excellents musiciens... mais tout semble fait pour les desservir. Tout d'abord, l'absence de décor, ce qui fait que nos yeux se fixent invariablement sur cet horrible podium éclairé à l'arrière, que j'avais une folle envie d'enlever de la scène. Mais où est la poésie de Léo Ferré? 

 

Mais aussi de gros soucis de sons et de lumière. Les micros mal réglés desservent le chanteur à la voix pourtant si chaude (et à la mémoire impressionnante, 1h30 de textes, de poèmes, de chansons à apprendre par coeur!). Dès qu'il crie certaines parties du texte, dans la salle, c'est vraiment inaudible et pendant un morceau, les instruments étaient réglés si forts que j'ai dû mettre mes mains sur les oreilles car ça devenait franchement douloureux (promis, je me suis cachée pour le faire, je ne l'ai pas fait ouvertement devant les musiciens). Ce micro réglé trop fort empêche de se concentrer sur le texte car il y a un côté agression, on n'arrive pas à être tout à fait calme pour observer et se régaler de la musique des mots de Léo Ferré. Les rares fois où le chanteur était sans micro et les instruments en version acoustique, je me suis régalée. Si seulement le spectacle était sans micro, il gagnerait sans conteste en beauté... De même, les soucis d'éclairage empêchent de mettre en valeur les musiciens (notamment la violoniste et la violoncelliste), car dès qu'ils sont à cour ou à jardin, le plus souvent, ils sont plongés dans le noir.

Enfin, je n'ai pas spécialement accroché à la mise en scène, n'y trouvant pas de fil conducteur, mais en même temps, ayant raté le début de spectacle, je ne peux pas la juger correctement. Simplement je trouve que toutes les parties chorégraphiées rendent le spectacle très fouillis, et je ne suis pas certaine d'y avoir tout compris. C'est dommage, car cela semble fatiguer les musiciens (oui, ce sont eux qui dansent, chapeau) que l'on préfère largement derrière les instruments. Bravo à la pianiste qui m'a impressionnée et semblait très à l'aise et bien sûr au chanteur Alexandre Roglet. Par contre, chose très étrange: en rentrant, je me suis dit que dans cet article, j'allais dire que la mise en scène le desservait vraiment et je découvre que le metteur en scène... c'est lui-même. Alors pourquoi n'avoir presque pas chanté "Avec le temps"? Car évidemment, c'est un morceau attendu, or c'était un des rares à ne pas être chanté, sauf le tout début. Un choix très surprenant, j'aurais tant voulu entendre une si belle voix dessus. Pour le coup, il y a un énorme sentiment de frustration du spectateur (d'ailleurs, dès que je suis sortie de la salle, je me suis mise à le fredonner tellement ça m'avait démangée!).

Donc pour résumer, ce n'était pas une expérience très heureuse, et je trouve que finalement toutes ces petites choses ne mettent pas en valeur tout le travail, évident, des musiciens, notamment du chanteur qui a dû faire un impressionnant travail de mémoire et, bien sûr, autour des partitions. Il a vraiment une très belle diction et sait rendre hommage aux jolis mots de Léo Ferré, avec une voix chantée chaude et grave. Je serais bien curieuse d'écouter ce spectacle en version acoustique et dans un autre lieu, qu'est-ce qu'il serait beau alors! Et aussi d'écouter Alexandre Roglet dans une version chantée d' "Avec le temps", je suis sûre que ce serait sublime... En attendant je laisse la parole à Léo Ferré... :)

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