Dans le grenier de Claire

Ancien malade des hôpitaux de Paris au théâtre de l'Atelier : une pièce singulière, drôle et enthousiasmante

11 Avril 2015, 21:39pm

Publié par Claire

Hier, avec plusieurs blogueurs passionnés de théâtre, nous avons eu l'immense chance de rencontrer Daniel Pennac et Olivier Saladin dans une salle de répétition du Théâtre de l'Atelier, dans le cadre de la mise en scène, par Benjamin Guillard, d'une nouvelle drôle et étonnante de Daniel Pennac : "Ancien malade des hôpitaux de Paris".

L'histoire, en elle-même, est totalement insolite : le docteur Galvan, jeune interne en médecine et ayant pour principal objectif dans la vie d'avoir une très belle carte de visite – vitrine, digne héritier d'une famille de médecins « depuis Molière », se retrouve confronté, lors de sa nuit de garde qui n'en finit plus, à un malade aux symptômes bien mystérieux... Les spécialistes de tous les domaines vont se pencher aussi sur ce cas qui donne du fil à retordre. Autant de personnages interprétés brillamment par Olivier Saladin dans ce que Daniel Pennac a surnommé un « monologue gesticulatoire ». Et comme c'est une nouvelle, à la base, forcément, il y a une chute. Pour le coup totalement inattendue mais... chut !

 

Ancien malade des hôpitaux de Paris au théâtre de l'Atelier : une pièce singulière, drôle et enthousiasmante
Ancien malade des hôpitaux de Paris au théâtre de l'Atelier : une pièce singulière, drôle et enthousiasmante

Avant de voir la pièce, j'ai donc assisté à cette rencontre fabuleuse, le sourire aux lèvres. Parce que voir Daniel Pennac, ça fait quand même très plaisir quand on a dévoré ses livres dans sa jeunesse (bon, et encore aujourd'hui à vrai dire). Quelque chose m'a de suite frappée : c'est resté littéralement un vrai enfant. Très touchant. Et très complice avec Olivier Saladin, on sent que ce sont de vrais amis qui se sont connus grâce à François Morel. Et comme un vrai enfant, il interroge le monde autour de lui. Eh oui, c'était assez amusant et émouvant, démontrant une certaine générosité : c'est d'abord nous que Daniel Pennac a interviewés, pour comprendre notre rôle de blogueurs... Et puis, bien sûr, nous avons parlé de la pièce, à l'origine une nouvelle. La seule commande que Daniel Pennac ait acceptée pendant sa carrière d'écrivain , pour le bicentenaire de l'Internat de Paris.

 

Ancien malade des hôpitaux de Paris au théâtre de l'Atelier : une pièce singulière, drôle et enthousiasmante

Même sans écrire, l'écrivain livre de très jolies phrases, de belles pensées, comme autour des cartes de visite, thème central de la pièce : « Il y a un lyrisme des cartes de visite médicales », « elles doivent rester petites, c'est un travail intéressant. » Il nous fait alors passer sa carte de visite créée pour l'occasion, qui ne comporte qu'un laconique « Ma carte de visite » qui prend tout son sens quand on a vu la pièce. Olivier Saladin nous sort alors de son portefeuille les cartes de visite laissées par des médecins ayant assisté à la représentation. Un autre élément clé de la pièce, selon son créateur, c'est aussi cette « frénésie de se raconter », de se confier à quelqu'un. D'ailleurs, lui-même nous raconte beaucoup d'anecdotes : le voilà qu'il imite l'accent plat du vénitien, ou encore son passé de pensionnaire (huit années) qui a déclenché chez lui l'envie d'écrire. Eh oui, il n'avait pas le droit de lire pendant l'étude, sous peine de se faire confisquer son livre, donc le soir, à la lumière de la lampe de poche, il lisait quelques pages de Dumas, écrivait la suite la journée puis comparait le soir avec le récit original... Il nous raconte les « livres planqués dans le bahut », les rédactions échangées contre des devoirs de mathématiques... Et nous voilà plongés, un instant, dans son enfance qu'on imagine en fait fantastique.

Olivier Saladin, très complice avec son ami, intervient également et nous donne des précisions sur les conditions de mise en scène. Ce rôle est forcément physique au vu de la multitude de personnages à interpréter . On découvre un homme humble (et pourtant impressionnant), absolument passionné par son métier, découvert au hasard d'une annonce dans la presse pour recruter des comédiens.

Ancien malade des hôpitaux de Paris au théâtre de l'Atelier : une pièce singulière, drôle et enthousiasmante
Ancien malade des hôpitaux de Paris au théâtre de l'Atelier : une pièce singulière, drôle et enthousiasmante

Le soir-même, j'ai donc assisté à la pièce, j'étais pressée et enthousiaste après cette si jolie rencontre. J'en ai beaucoup apprécié la mise en scène, et comme beaucoup de spectateurs je pense, j'ai été impressionnée par Olivier Saladin, si à l'aise dans cette multitude de personnages, provoquant sans cesse le rire, et rendant bien hommage au texte et à ses jolies perles comme « Elles ont la serpillière approximative sur le lino de la vie ». Et bizarrement, je trouve même qu'il excelle dans l'imitation des femmes (ah, cette manière de répondre « Du tout du tout » en faisant tourner une mèche de cheveux, c'était tellement amusant!). C'est une véritable performance que je vous invite à découvrir au Théâtre de l'Atelier. Profitez-en pour faire un tour dans ce si beau quartier ! 

 

 

Edit du 22 février 2016:

Bonne nouvelle, la pièce est rejouée au Théâtre de l'Atelier!

 

DU 23 FÉVRIER AU 20 MARS 2016 à 21h

Représentations du mardi au samedi à 21h

Matinée le dimanche à 15h

Commenter cet article

Petits Béguins 15/04/2015 09:02

OOOOh de Daniel Pennac, ça doit être chouette ça !!

Claire 18/04/2015 11:47

Et ça l'est. Il était à La Grande Librairie jeudi dernier. ;)

MG 12/04/2015 14:43

Encore un chouette article ! Ayant également vu la pièce, je partage tout à fait. Le fait qu'Olivier Saladin soit seul sur scène, avec tout le jeu qu'il développe pour raconter cette histoire de manière truculente et dynamique, est un vrai plus.

Claire 12/04/2015 15:53

Merci! :)

Christine 12/04/2015 08:07

Merci pour cet article, j'ai vu la pièce et ai été enthousiasmée par le texte, le jeu, la mise en scène. Quel rythme ! Et je suis d'accord sur l'interprétation des femmes ! Bon dimanche

Claire 12/04/2015 15:54

On aurait presque envie de féminiser davantage de personnages... ;)

Bonne journée