Dans le grenier de Claire

6 minutes 23 séparent l'enfer du paradis: le livre de François Suchel qui m'a fait voyager

3 Juin 2016, 16:15pm

Publié par Claire

Aujourd'hui je vais vous parler d'un livre qui m'a accompagnée pendant de longues heures car je l'ai très soigneusement lu (et fini avec un peu de nostalgie), essayant d'en saisir chaque détail, y compris technique grâce à son précieux glossaire: il s'agit d'un essai au titre bien mystérieux, 6 minutes 23 séparent l'enfer du paradis de François Suchel.

Je ne connaissais au départ pas ce livre. Car l'avion, personnellement, me fascine tout autant qu'il me fait peur. Mais on a surtout peur de ce que l'on connaît mal, de ce que l'on ne maîtrise pas, n'est-ce pas? Or un jour, sur Twitter, je me rends compte que les éditions Paulsen organisent un concours pour gagner un voyage en avion en compagnie de l'auteur, François Suchel, pilote chez Air France depuis 1991. Cela m'a intriguée: tiens, il doit avoir beaucoup de choses à raconter, tellement de souvenirs que cela tiendrait tout un voyage? Bon, malheureusement, je n'ai pas gagné, il y avait très peu de chance en effet, mais aussitôt ma participation validée, j'ai acheté le livre, très intriguée, et par envie d'avoir une autre vision de l'avion, ne plus seulement en avoir peur mais aussi de mieux le connaître, de pouvoir rentrer enfin dans cette fameuse cabine de pilotage.

6 minutes 23 séparent l'enfer du paradis: le livre de François Suchel qui m'a fait voyager

Ce livre est divisé en plusieurs chapitres: la plupart racontent les aventures de François Suchel, des incident techniques, mais fort heureusement, pas seulement, sa formation, ses premiers vols en tant que co-pilote mais aussi, plus tard, commandant de bord, son bonheur de voler  quand d'autres racontent les mésaventures de ses collègues (certains donnent des sueurs froides!) ou les aventures des pionners de l'aviation, non sans une certaine nostalgie pour ces avions que l'on maîtrisait mieux, que l'on comprenait mieux à l'heure où Georges, le pilote automatique, peut parfois induire en erreur. On a vraiment l'impression d'être avec le pilote au sein de la cabine, on a peur pour lui, on se demande ce que l'on aurait fait dans certaines situations.

Et puis on retrouve un certain calme dans l'écriture, ouf, voler c'est aussi cela, c'est le bonheur de s'arracher à la vie terrestre, une parenthèse décrite avec beaucoup de poésie, de philosophie et d'interrogations sur le statut du pilote qui s'extrait un temps de sa condition d'humain rattaché à la terre ferme (ainsi, page 68: "Quelque que soit l'outil emprunté pour s'envoler, le pilote devra immanquablement revenir sur terre. Dans cette mission sans échappatoire réside la noblesse du métier. Si l'on y réfléchit bien, rares sont nos actions dont l'issue est obligatoire, quelles que soient les circonstances. On peut toujours reporter une réunion ou annuler un projet, pas un atterrissage. Le pilote en tire son orgueil, qui le rend incapable, parfois, d'exister sans son avion. Qu'est- ce qu'un pilote au sol? Un homme comme un autre, avec la gueule de bois. Un marin au port qui a le mal de terre. L'albatros malhabile de Baudelaire. Son retour au nid, bercé par les voluptés célestes, tout à son illusion de puissance, s'accompagne souvent de maladresses et d'incompréhensions. Exacerbées par la fatigue et le décalage, mille petites choses du quotidien, déplaisantes pour tous, mais insupportables pour lui, rappellent à l'oiseau déchu que la vraie vie est en bas, que le temps du vol n'était qu'une parenthèse éblouie" ).

 

J'ai beaucoup aimé ce mélange entre impressions de vol, rêveries, récits d'incidents... dont l'un deux, qui aurait pu être très grave, sur un Paris-Zurich, a donné son titre au livre. On découvre également qu'un incident n'est pas que mécanique mais peut aussi être diplomatique, comme dans un vol Paris-Beyrouth... Des récits très hétéroclites donc, mais toujours une réelle qualité d'écriture, un plaisir indéniable de lecture. François Suchel a visiblement fait un effort pour rendre son récit accessible à tous. N'ayant aucune connaissance dans le domaine aéronautique, ma lecture a en revanche été plus longue, car j'allais à chaque fois consulter le glossaire à la fin et je devais parfois m'y reprendre plusieurs fois afin de bien comprendre certains détails techniques. Maintenant, je voulais être sûre de tout retenir, ce n'est pas obligatoire et cela ne concerne que certains passages du livre, je vous rassure. J'ai pour le coup appris beaucoup de choses!

 

Vous l'aurez compris, il s'agit d'un véritable coup de coeur... et d'une première découverte des éditions Paulsen pour ma part!

6 minutes 23 séparent l'enfer du paradis: le livre de François Suchel qui m'a fait voyager

6 minutes 23 séparent l'enfer du paradis, François Suchel, Paulsen, Janvier 2016 - 19,90€.

Commenter cet article

Leti 10/06/2016 21:11

Original, cela me donne envie de le lire et de l'offrir ...

M 03/06/2016 20:36

J'avais déjà envie de le lire, mais j'ai encore plus envie après avoir lu cet article ! ;-)
Merci

Claire 03/06/2016 20:41

Merci :)