Dans le grenier de Claire

Petits Crimes Conjugaux au Théâtre Rive Gauche

15 Octobre 2016, 18:00pm

Publié par Claire

On retrouve notre cher Théâtre Rive Gauche pour une autre pièce d'Eric-Emmanuel Schmitt, dans un tout autre registre que Le Chien, qui nous fait rentrer dans les secrets et non-dits d'un couple. Gilles, auteur de romans policiers, est victime d'un accident dont on ne cerne pas tout de suite clairement l'origine. Amnésique, il revient chez lui et retrouve sa femme, Lisa, qu'il vouvoie d'abord car elle lui semble étrangère. Tout l'appartement est resté en l'état, et Gilles observe comme dans un musée les traces de son ancienne vie... enfin telle que Lisa choisit de lui présenter, car on se rend vite compte d'une certaine gêne trahissant des mensonges : un vieux fauteuil de cuir usé, des romans par centaines, des tableaux, le bureau de bois verni, et puis ces fameuses théories que Gilles avaient sur la vie. Et ces théories, assez cyniques et sombres, on les retrouve dans un des livres de Gilles, une sorte d'essai sur la vie des couples : Petits Crimes Conjugaux, un livre que déteste absolument Lisa, peut-être parce qu'il est trop le reflet de leur propre couple. Les deux personnages mentent, déconstruisent, se disputent... Fanny Cottençon et Sam Karmann montrent bien cette fragilité du couple, alternant colère, désarroi et parfois humour...
 

Petits Crimes Conjugaux au Théâtre Rive Gauche
Crédit photo: Fabienne Rappeneau

Crédit photo: Fabienne Rappeneau

Crédit photo: Fabienne Rappeneau

Crédit photo: Fabienne Rappeneau

Crédit photo: Fabienne Rappeneau

Crédit photo: Fabienne Rappeneau

A titre personnel, bien qu'adorant lire (et surtout écouter) les textes d'Eric-Emmanuel Schmitt, je dois bien avouer que ce n'est pas mon texte préféré, car je l'ai trouvé très sombre et cynique, ne reconnaissant pas toujours l'enchantement et la positivité des nouvelles et romans de l'auteur (même s'il précise dans sa note de présentation que c'est finalement une vision positive de l'amour sur le long terme: "Il existe des milliers de pièces sur l’amour qui commence, des centaines sur l’amour qui finit, mais fort peu sur l’amour qui dure. Il semblerait que le théâtre n’accepte les amants que débutants ou retraités. Les rares exceptions n’incitent guère à l’optimisme car lorsque Feydeau, Strindberg ou Ionesco nous dessinent des conjugalités à long terme, s’il y a toujours couple, il n’y a plus d’amour. Or, par expérience personnelle, il m’est apparu que le couple stable se révèle le voyage le plus risqué, le plus dangereux qu’on puisse faire en amour. [...] La crise qui occupe la nuit de Petits Crimes Conjugaux montre le rôle bénéfique de l’échange. À travers des paroles, des ruses, voire des coups, les deux protagonistes recommencent à prendre soin d’eux. Déjà que toute chose se dégrade naturellement, quelle accélération dans la dégringolade lorsque s’y ajoute la négligence… Aussi cruelle soit-elle, ma pièce affirme un réel optimisme : l’amour peut durer. Mais pour que l’amour dure, il faut que les amants le veuillent.  [...] En achevant Petits Crimes Conjugaux, j’ai eu l’impression d’entrevoir une réponse : et si l’amour commençait une fois qu’on n’est plus amoureux ?")

En revanche, au-delà du message délivré auquel je n'ai pas entièrement adhéré, j'ai beaucoup aimé le jeu des acteurs, visiblement complices, dans un décor très travaillé, permettant littéralement de se projeter dans l'appartement de ce couple, à la manière de Gilles y redécouvrant des détails... La mise en scène est très dynamique et cela reste un plaisir de découvrir cette pièce !

Petits Crimes Conjugaux au Théâtre Rive Gauche

Petits Crimes Conjugaux, au Théâtre Rive Gauche 


Avec Fanny Cottençon et Sam Karmann
Mise en scène de Jean-Luc Moreau


Pour voir la bande-annonce, c'est ici


Depuis le 29 septembre 2016
Du mardi au samedi à 21h
Matinée le dimanche à 15h
De 27€ à 45€

Merci au Théâtre Rive Gauche pour les invitations :)

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