Dans le grenier de Claire

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Le Jeu de l'Amour et du Hasard au Théâtre Michel: une version rafraîchissante !

12 Avril 2017, 19:48pm

Publié par Claire

Quelle surprise! C'est vraiment ce que je me suis dit quand je suis repartie du Théâtre Michel, après avoir vu une version pour le moins... rafraîchissante de cette pièce de Marivaux, mise en scène avec beaucoup de talent par Salomé Villiers. Oui, je sais, cela peut paraître très surprenant, mais c'est vraiment l'impression que l'on a avant même que la pièce commence, alors qu'une fausse pelouse orne la scène ainsi que du mobilier de jardin sur lequel on aurait bien envie de s'asseoir nous aussi... Et quand le spectacle démarre, surprise, c'est par une vidéo... Mais la vidéo n'est pas là en gadget inutile, non, elle participe de ce spectacle qui revisite Marivaux à la sauce des années 60: elle imagine les passages entre les scènes, rajoutant plus d'humour et de connivence avec le public.

Le Jeu de l'Amour et du Hasard au Théâtre Michel: une version rafraîchissante !

Si le spectacle laisse bien part à la critique sociale féministe que l'on devine déjà, il accentue vraiment sur l'humour et la fraîcheur de cette pièce, ce jeu de masques où les futurs fiancés ont la même idée de se déguiser en domestique pour se découvrir l'un et l'autre. Il y a beaucoup de trouvailles dans la mise en scène, d'expressions sur le visage qui provoquent le rire. Avec une mention toute spéciale pour Etienne Launay en Arlequin transformé en Dorante, provoquant irrémédiablement le rire rien qu'à son allure absolument ringarde et à ses "mimiques" - je vous invite à regarder les photographies des acteurs "au naturel" à la sortie de la salle, la transformation est impressionnante. Mais l'ensemble de la troupe semble s'en donner à coeur joie, une joie communicative! J'ai bien aimé également que l'espace scénique s'élargisse à la salle mais... Je ne vous en dis pas plus pour vous laisser découvrir toutes les pépites de ce spectacle...

Crédit photo: Julien Jovelin

Crédit photo: Julien Jovelin

Crédit photo: Julien Jovelin

Crédit photo: Julien Jovelin

Crédit photo: Karine Letellier

Crédit photo: Karine Letellier

Crédit photo: Karine Letellier

Crédit photo: Karine Letellier

Le Jeu de l'Amour et du Hasard, au Théâtre Michel jusqu'au samedi 6 mai 2017

Bande-annonce du spectacle ici, réservations par !

 

Un texte de MARIVAUX
Mise en scène : Salomé VILLIERS
Assistée de : Lisa DE ROOSTER
Vidéo : Léo PARMENTIER
 
DISTRIBUTION:
Salomé VILLIERS (Silvia)
Raphaëlle LEMANN (Lisette)
Philippe PERRUSSEL (M. Orgon)
Bertrand MOUNIER ou Pierre HELIE (Mario)
François NAMBOT (Dorante)
Etienne LAUNAY (Arlequin)
 
Au Théâtre Michel
 
38 rue des Mathurins 75008 Paris
 
 
25 représentations exceptionnelles :
Du 05 avril au 06 mai 
Du jeudi au samedi à 21 heures
Le samedi et dimanche à 16h15








Merci au Théâtre Michel pour les invitations :)

Dans le même théâtre, vous pouvez également en ce moment découvrir Le Horla que j'ai chroniqué ici

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Le Horla au Théâtre Michel: un pari réussi !

10 Avril 2017, 20:34pm

Publié par Claire

Quelle audace de représenter Le Horla au théâtre, d'autant plus dans un seul en scène ! C'est pourtant un pari réussi par l'étonnant Florent Aumaitre, mis en scène par Slimane Kacioui. Tout d'abord, ce qui étonne, c'est la mémoire nécessaire pour mémoriser ce texte de Maupassant. De quoi devenir un peu fou, comme le héros principal de cette nouvelle fantastique dont les illusions semblent rejoindre la réalité, le faisant sombrer petit à petit dans une folie grandissante...

Le Horla au Théâtre Michel: un pari réussi !
Crédit photo: Théâtre Michel

Crédit photo: Théâtre Michel

Très vite, on prend beaucoup de plaisir à redécouvrir ce texte, la déclamation à voix haute procurant une émotion certaine. Le texte étant à la première personne, on se sent littéralement transportés par cette histoire fantastique, frémissant des mystérieuses apparitions... Florent Aumaitre nous emmène dans cette folie qui va crescendo, parvenant à nous faire croire à une présence alors qu'il est seul; on arrive même à deviner le décor alors qu'il y a très peu d'accessoires sur scène. Son jeu d'acteur est impressionnant et relève véritablement de la performance ! J'ai bien aimé que son jeu progresse, au niveau de la voix et de la gestuelle, d'un calme relatif du personnage à cette folie qui le hante progressivement. Une interprétation époustouflante !

Bande-annonce du spectacle - Crédit Théâtre Michel

Le Horla, au Théâtre Michel jusqu'au 21 mai 2016

Dates et réservation ici - De 15 à 25€

Les mardis et mercredi à 19h, et dates supplémentaires: jeudi 4, vendredi 5, samedi 27 mai à 19h, dimanches 14 et 21 mai à 16h30

 

Un grand merci au Théâtre Michel pour les invitations :)

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Rencontre avec Davy Sardou, actuellement à l'affiche au Théâtre Rive Gauche pour Hôtel des Deux Mondes

5 Avril 2017, 17:33pm

Publié par Claire

Hier soir, avec d'autres blogueuses, j'ai eu la chance de rencontrer Davy Sardou actuellement à l'affiche d'Hôtel des Deux Mondes (il y joue le personnage de Julien), pièce que j'avais chroniquée ici et qui m'avait vraiment marquée. Son sujet interpelle tant, mais elle est aussi si remarquablement jouée que j'y ai repensé plusieurs jours durant!

Pour l'occasion nous avions rendez-vous au bien nommé bar L'Entracte, dans cette fameuse rue de la Gaîté où l'on trouve le Théâtre Rive Gauche mais aussi tant d'autres théâtres... Une jolie découverte que ce bar où l'on parle avant tout théâtre, à l'accueil très convivial! 

Rencontre avec Davy Sardou, actuellement à l'affiche au Théâtre Rive Gauche pour Hôtel des Deux Mondes
Rencontre avec Davy Sardou, actuellement à l'affiche au Théâtre Rive Gauche pour Hôtel des Deux Mondes

La mise en scène

Ce soir-là allait se jouer la 60ème représentation de cette pièce au Théâtre Rive Gauche, mise en scène par Anne Bourgeois. C'est la troisième fois que Davy Sardou travaille avec elle, avec plaisir car il y a un réel esprit de troupe dans le travail. Il a fallu une première lecture "à la table" de trois jours avec les comédiens, pour bien comprendre le sens de chaque réplique, en octobre. Eric-Emmanuel Schmitt, auteur de la pièce, a lui aussi été très présent dans le processus de création. D'ailleurs, les didascalies du texte sont respectées; ainsi, les anges ne parlent pas dès l'origine. Ils sont en revanche des personnages très importants, "des maîtres d'hôtel au service des clients". "Après Julien qui sort de l'ascenseur, c'est la première image du spectacle: ils donnent le code de l'irréel, du mystique, ils sont à la fois beaux et inquiétants".

Au niveau des costumes, si son personnage de Julien était facile à habiller, il y a eu un vrai travail pour habiller Laura, jouée par sa compagne Noémie Elbaz: il fallait quelque chose à la fois d'irréel et de féérique.

Le texte

Davy Sardou aime bien le terme de "comédie philosophique" qu'utilise Eric-Emmanuel Schmitt pour désigner sa propre pièce. En effet, ce n'est pas un drame car la pièce est "résolument optimiste". Des grands thèmes de la philosophie y sont revisités, on découvre des hommages à de grands philosophes comme Pascal (Julien dit ainsi à un moment: "Je fais le pari"), Spinoza, Descartes... Le texte lu à haute voix l'a tout de suite convaincu. Le rôle du théâtre est ainsi de faire vivre le répertoire des auteurs contemporains.

Représenter la philosophie au théâtre, c'est difficile et "rarement bien traité". Car ce sont "des paroles et non des actions". Il cite ainsi Le Visiteur, une autre pièce très vivante d'Eric-Emmanuel Schmitt, qui se joue aussi en huis-clos, faisant penser à Sartre bien sûr. Il y a beaucoup de retours de la part du public, car la pièce est accessible. Ce conte philosophique est divertissant mais questionne aussi. C'est "une vraie proposition", "pas un consensus pour plaire au plus grand nombre". Beaucoup de spectateurs se sentent frustrés par la fin. Mais justement, c'est ce qui fait le suspense de la pièce, et l'essentiel est que le personnage, Julien, a changé.

La réplique préférée de l'acteur est: "Rien n'est plus commun que de se croire unique.", car elle résume bien son personnage de Julien.

Crédit photo: Fabienne Rappeneau

Crédit photo: Fabienne Rappeneau

Crédit photo: Fabienne Rappeneau

Crédit photo: Fabienne Rappeneau

Quelques anecdotes au passage...

- L'occasion de revenir un peu sur le fameux ascenseur qui marque le retour sur terre, à la vie, si la flèche va vers le bas, ou la mort si la flèche indique le haut lorsque les portes se referment. Finalement, c'est un peu moins angoissant qu'il n'y paraît, l'ascenseur est petit mais du public on a l'impression d'une grande cage grâce au jeu des miroirs.

-L'extraordinaire Jean-Paul Farré qui joue le personnage du mage Radjapour joue juste avant la pièce dans la même rue... au Théâtre de Poche - Montparnasse, dans la pièce Voltaire Rousseau. Il a quelques pas à faire, et le voilà arrivé au Théâtre Rive Gauche!

-Il y aura une tournée de cette production en France de janvier à avril 2018. Elle sera de plus jouée à Amiens du 17 au 20 mai 2017 à la Comédie de Picardie.

 

Un grand merci à Davy Sardou d'avoir répondu à nos questions avant une représentation et bien sûr, merci au Théâtre Rive Gauche! La pièce y est à l'affiche jusqu'au 13 mai 2017.

En ce moment, dans le même théâtre, vous pourrez trouver Le Bal de Némirovsky et Le Chien d'Eric-Emmanuel Schmitt.

 

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La BD fait son festival avec Price Minister : Tout plaquer et aller prendre un bain de Mathou

27 Mars 2017, 19:53pm

Publié par Claire

Dans le cadre de l'opération "La BD fait son festival 2017" organisée par Price Minister (les explications ici: des blogueurs ont eu la chance de recevoir un ouvrage de la sélection), j'ai reçu la bande-dessinée "Tout plaquer et aller prendre un bain (Mes petits Moments)" de Mathou. J'avais ajouté cette BD à ma liste de souhaits car le titre m'a tout de suite fait sourire...

La BD fait son festival avec Price Minister : Tout plaquer et aller prendre un bain de Mathou
La BD fait son festival avec Price Minister : Tout plaquer et aller prendre un bain de Mathou

Comme l'explique l'auteure au dos du livre, son but est de proposer "un livre poétique, pour faire sourire, pour faire rire, pour se dire "ah oui, tiens, c'est vrai, j'avais oublié tout ça, comme c'était chouette" ". Nous voici donc face à une très jolie liste de moments si simples comme autant de petits bonheurs, et forcément, cela me plaît, d'autant plus quand ils sont si joliment illustrés. On navigue donc entre "Se glisser dans des draps propres", "Le soulagement quand on est content de voir que la vitre du téléphone n'est pas brisée (malgré une belle chute)", "Faire le marché (et manger sur place)"... Des bonheurs simples donc, et dont la plupart dans le livre racontent aussi finalement le grand bonheur d'avoir un enfant ("Chercher l'écureuil (sur le chemin de l'école", "Regarder cuire et gonfler le gâteau dans le four")... C'est pour illustrer ces bonheurs collectés que j'ai pris le livre en photo en compagnie de bonbons colorés car je trouve que cela va bien avec la lecture que l'on peut en avoir, en ouvrant des pages au hasard... ou en prenant un bain bien sûr!

La BD fait son festival avec Price Minister : Tout plaquer et aller prendre un bain de Mathou

J'ai donc beaucoup aimé cette jolie idée d'un album collectionnant ces instants du quotidien que Mathou nous invite à savourer. J'ai moins aimé la lecture du dernier chapitre comportant des citations plus banales sur le bonheur et l'amour, moins dans l'esprit du reste du livre, et il est dommage que cette bande-dessinée se lise extrêmement rapidement, même si on peut parfois s'arrêter sur un bonheur et y penser un moment. C'est en tout cas un livre résolument original et qui a une vraie âme!

 

Tout plaquer et aller prendre un bain (Mes petits moments) de Mathou, Monsieur Pop Corn, 12€, paru en Novembre 2016.


 

Merci à Price Minister pour cette découverte :) #1Blog1BD

 

Et retrouvez ici la BD que j'avais chroniquée l'année dernière pour La BD fait son festival avec Price Minister: Le Piano Oriental

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Phuphuma Love Minus, un choeur sud-africain en concert au Musée du Quai Branly

26 Mars 2017, 19:52pm

Publié par Claire

C'est à un concert très étonnant que j'ai assisté samedi soir au Musée du Quai Branly, celui du choeur sud-africain Phuphuma Love Minus, l'occasion pour moi de découvrir que le musée est doté d'un très grand auditorium en sous-sol, le Théâtre Claude Lévi-Strauss.

Phuphuma Love Minus, un choeur sud-africain en concert au Musée du Quai Branly

Le choeur Phuphuma Love Minus vient du village sud-africain Ngabayela-Umsinga et a été fondé en 2002. Il est depuis installé à Johannesburg. Il comporte actuellement dix membres, dix hommes qui chantent a cappella, rendant la performance d'autant plus impressionnante, et élégamment vêtus de la tête... aux pieds et aux mains avec un motif de carreaux noirs et blancs. Ils sont spécialisés dans l'isicathamiya (du zoulou cathama: marcher doucement comme un chat): pendant leurs chants, les chanteurs jouent les scènes, toujours en mouvement, ce qui est très impressionnant, invoquant des thèmes graves (le SIDA, la guerre...) mais aussi des thèmes beaucoup plus légers comme cette femme-girafe si grande qu'on ne peut pas l'embrasser. Les chants de l'isicathamiya sont le plus souvent en langue zouloue; un ténor "lance" un couplet et le choeur, comportant beaucoup de basses, répond - j'ai d'ailleurs beaucoup aimé les sonorités très rondes de ces voix.

Je vous rassure, une traduction est distribuée au début du spectacle. Comme mes voisins, j'avais parfois un peu de mal à repérer les chants mais grâce aux gestes, je m'y retrouvais, ce qui était du coup assez sympathique, un peu comme un jeu de devinettes le long du spectacle (repérer les sons correspondant au titre de la chanson et les gestes correspondant aux couplets).

Bande-annonce du spectacle - Crédit Musée du Quai Branly Jacques Chirac

Un très joli moment, assez impressionnant, et permettant de découvrir un genre musical et de voyager un peu le temps d'une soirée...



Phuphuma Love Minus, du 25 mars au 2 avril 2017 au Musée du Quai Branly

 

Tarif: 20€ tarif plein (placement libre), tarif réduit 10 et 15€

Le billet du spectacle donne accès aux expositions et aux collections du musée le jour du spectacle.

Parallèlement, des ateliers de chant (initiation à l'isicathamiya) sont organisés par les membres du choeur de Phuphuma Love Minus. Il y en avait un aujourd'hui, et il y en aura un autre samedi 1er avril à 15h:  c'est gratuit pour les détenteurs d'un billet! Inscription au 01.56.61.71.72 .

Et pour ceux qui ne peuvent pas se rendre au Musée du Quai Branly, retrouvez le concert de cet après-midi sur Arte Concert ! C'est d'ailleurs grâce à ce site que j'ai appris que l'isicathamiya rendait hommage aux "travailleurs débarqués des campagnes qui, du temps de l'apartheid, logeaient dans des pensions où ils n'étaient pas autorisés à faire de bruit et où ils ne pouvaient chanter et danser leur peine qu'en chuchotant et effleurant le sol" (source Arte Concert).

 

Un grand merci au Musée du Quai Branly pour cette invitation :)

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La Nuit de la Voix avec la Fondation Orange: un trentième anniversaire très réussi !

15 Mars 2017, 20:38pm

Publié par Claire

Lundi 6 mars avait lieu une soirée exceptionnelle pour tous les amoureux du chant: la Nuit de la Voix, organisée par la Fondation Orange depuis 1991. Une soirée dont je suis revenue des étoiles plein les yeux tellement elle regorgeait de pépites musicales, dans le très joli cadre du Trianon, et qui m'a permis après le concert de discuter avec deux grandes "stars" du lyrique (je mets des guillemets à stars tant ce sont des personnes gentilles et accessibles): Philippe Jaroussky et la très charismatique et pétillante Marie-Nicole Lemieux. Un vrai rêve, je ne voulais plus repartir...

L'affiche met en valeur les chanteuses de D.I.V.A.

L'affiche met en valeur les chanteuses de D.I.V.A.

Lors de cette soirée orchestrée et ouverte sur une improvisation au piano par André Manoukian, le public a pu se régaler de morceaux mettant en valeur la voix dans tous ses états. J'avais l'impression d'être face à un étalage de desserts tous plus beaux les uns que les autres, de savourer à chaque fois. Où les chanteurs lyriques oscillent entre Haendel et variété revisitée, où les moments de rire succèdent à de grands moments d'émotion... Un anniversaire réussi - la Fondation Orange fêtant pour l'occasion ses 30 ans-, et chanté à la fin en choeur par la salle avec la participation du PDG d'Orange, Stéphane Richard.

 

Vu l'organisateur de la soirée, j'ai un peu honte de la qualité de la photo de mon portable. :)

Vu l'organisateur de la soirée, j'ai un peu honte de la qualité de la photo de mon portable. :)

Il est difficile de tout restituer ici mais nous sommes allées de surprises en surprises, accompagnées par l'Orchestre de la Loge : trois grandes "pointures" du lyrique, Philippe Jarrousky, Karina Gauvin et Marie-Nicole Lemieux, amenant leur évidente bonne humeur et leur complicité, du lyrique à la variété - comment oublier les frissons qui ont parcouru la salle quand Marie-Nicole Lemieux a repris des chansons de Starmania, accompagnée au piano d'André Manoukian? Mais aussi les cinq pétillantes chanteuses de D.I.V.A. qui ont reparcouru à leur manière les grands airs de La Traviata ou ont revisité Carmen avec la complicité drôle et réussie de Philippe Jarrousky et Marie-Nicole Lemieux. Mais au-delà de la reprise d'airs célèbres de l'opéra et de sa dimension un peu loufoque et burlesque, il y a une réelle qualité vocale derrière, et certains airs de La Traviata m'ont réellement émue. Autres grandes découvertes: Rosemary Standley accompagnée au violoncelle par Dom La Nena, pour un grand moment de grâce et de complicité entre les deux artistes - je n'arrête pas de revoir ce Duerme Negrito vraiment plein d'émotion-, et China Moses à la voix puissante et étonnante. Et enfin une mention spéciale pour Philippe Jarrousky qui a pris un plaisir communicatif à changer de répertoire dans Voyage, voyage, avec la complicité d'André Manoukian, un moment étonnant, drôle mais finalement aussi impressionnant.

Vous l'avez compris, cette soirée fut riche en émotions... Et la bonne nouvelle, c'est qu'elle est disponible en Replay ici! Profitez-en bien, personnellement je ne me lasse pas de voir et revoir cette vidéo.



Bon anniversaire à la Fondation Orange et un merci sincère pour cette soirée qui a également beaucoup plu à M. Claire!

 

P.S.: amoureux du chant, ne ratez pas le spectacle du choeur sud-africain "Phuphuma Love Minus" au Musée du Quai Branly du samedi 25 mars au dimanche 2 avril 2017. Vous pouvez en voir un extrait ici.

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Le Bal d'Irène Némirovsky au Théâtre Rive Gauche

17 Février 2017, 21:30pm

Publié par Claire

C'est avec une certaine impatience que j'attendais cette pièce au Théâtre Rive Gauche: Le Bal de Némirovsky, dans une adaptation au théâtre de Virginie Lemoine. Ce roman en grande partie autobiographique raconte la vie d'Antoinette, jeune adolescente de 14 ans, rêvant de vengeance face à une mère (Rosine) très distante, et y parvient un jour en empêchant d'organiser un bal qui devait montrer l'ascension sociale de ses parents qui y ont invité toute la haute société parisienne. Et c'est sous cet angle social que Virginie Lemoine a choisi de mettre en scène Le Bal, faisant de ce roman plutôt noir - enfin, c'est le souvenir que j'en avais gardé - une comédie grinçante sur les nouveaux riches.

Le Bal d'Irène Némirovsky au Théâtre Rive Gauche

J'ai beaucoup apprécié ce parti pris dans la mise en scène, grâce auquel tous les personnages ont une réelle profondeur, des parents aux habitudes grossières et maladroitement mondaines à la professeure de piano antipathique remarquablement jouée par Françoise Miquelis, donnant une des leçons de piano les plus drôles qu'il m'ait été donné de voir au théâtre.

Crédit photo: Théâtre Rive Gauche - Droits réservés

Crédit photo: Théâtre Rive Gauche - Droits réservés

Crédit photo: Théâtre Rive Gauche - Droits réservés

Crédit photo: Théâtre Rive Gauche - Droits réservés

Une jolie surprise nous attendait après la représentation, comme c'était la générale presse, Virginie Lemoine, très sympathique, a répondu à nos questions en compagnie de l'un des deux biographes de l'auteure, Olivier Philipponat (il a en effet avec Patrick Linhardt écrit une passionnante biographie, La Vie d'Irène Némirovsky chez Grasset, fruit d'une longue recherche et que je suis en train de relire pour l'occasion), et de son petit-fils, ayant beaucoup d'humour mais que l'on a senti tout de même très ému par la pièce. L'occasion de rappeler que l'auteure, morte en déportation en 1942, a obtenu à titre posthume le Prix Renaudot pour Suite Française en 2004. Et l'occasion également pour Virginie Lemoine d'évoquer son long travail (quatre ans) pour rendre hommage à une écrivain qu'elle affectionne particulièrement...
 


Le Bal d'Irène Némirovsky

Au Théâtre Rive Gauche depuis le 28 janvier 2017
Du mardi au samedi à 19h

Relâches exceptionnelles les 24 et 25 février 2017, les 18, 24, et 25 mars 2017

De 21€ à 33€

Adaptation Virginie LEMOINE
Mise en scène Virginie LEMOINE et Marie CHEVALOT

Avec
Lucie BARRET
Brigitte FAURE
Serge NOEL
Françoise MIQUELIS
Pascal VANNSON

 

Retrouvez également en ce moment L'Hôtel des Deux Mondes (ma chronique ici) et Le Chien, prolongé en 2017 (ma chronique ).

 

Merci au Théâtre Rive Gauche pour les invitations :)

 

 

 

 

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Le Concert Sans Retour aux Bouffes Parisiens: un véritable régal pour le spectateur

12 Février 2017, 20:29pm

Publié par Claire

Voici un spectacle dont je suis ressortie absolument ébahie: Le Concert sans Retour des Cinq de Coeur, cinq chanteurs lyriques qui se retrouvent sur scène, alternant entre répertoire classique revisité et chansons de variété.

Le Concert Sans Retour aux Bouffes Parisiens: un véritable régal pour le spectateur
Le Concert Sans Retour aux Bouffes Parisiens: un véritable régal pour le spectateur
Le Concert Sans Retour aux Bouffes Parisiens: un véritable régal pour le spectateur

Dans ce très beau Théâtre des Bouffes Parisiens que j'ai découvert avec bonheur pour la première fois, le spectacle démarre comme un classique concert dédié "au romantisme allemand", un "concert germanique en allemand" nous annonce une des chanteuses d'un ton très solennel et sans l'ombre d'un sourire. Tenues austères, consonnes finales suraccentuées, visages fermés, déjà, les rires fusent dans la salle, d'autant plus quand les bras croisés d'une chanteuse sont nerveusement remis en place par une de ses collègues.

Crédit photo: Paule Thomas

Crédit photo: Paule Thomas

Mais très vite, la variété vient quelque peu bouleverser le programme, même si parfois on assiste à quelques retours très drôles au programme "germanique". Les chansons, comme autant de numéros de clowns - normal, la metteuse en scène, Meriem Menant, joue également le rôle de clown dans d'autres spectacles - s'enchaînent, provoquant l'hilarité générale, comme autant de friandises que l'on déguste avec plaisir en se demandant toujours quelles vont être les prochaines trouvailles. Ces moments de rire franc sont parfois interrompus par quelques instants de poésie et de grâce, comme cette émouvante interprétation d'Avec le temps.

Crédit photo: Paule Thomas

Crédit photo: Paule Thomas

Mais toute cette drôlerie omniprésente ne saurait faire oublier une technique vocale impressionnante. Les chanteurs sont tous issus d'une formation classique permettant de chanter durant 1h30 a cappella. Comme ils l'ont expliqué aux blogueurs présents après le spectacle, il y a en effet un réel travail musical en amont, permettant de ne plus penser ensuite qu'à la mise en scène, même si les chanteurs voient toujours leur directeur musical après plusieurs spectacles pour toujours retravailler la musicalité et les nuances pour ne pas prendre de mauvaises habitudes. Quant à la metteuse en scène, elle a respecté la nature de chacun, accentuant leurs "défauts" pour trouver le clown en chacun. C'est grâce à ce grand travail que l'on se retrouve face à un spectacle hors du commun, porté par les chanteurs énergiques de bout en bout. 

Crédit photo: Paule Thomas - Le chanteur de Mexico revisité!

Crédit photo: Paule Thomas - Le chanteur de Mexico revisité!

Mention spéciale pour les chants en "solo" mettant en valeur chacun des cinq chanteurs pendant le spectacle, du crooner séducteur au chanteur de Mexico jusqu'à une bigoudène déjantée à la coiffe surdimensionnée. Mais je ne vous en dis pas plus afin de conserver le mystère de ces mille et une trouvailles...

 

Le concert sans retour - Cinq de coeur

 

Mise en scène: Meriem Menant (alias Emma la Clown)

Avec Pascale Costes, Karine Sérafin, Sandrine Mont-Coudiol, Patrick Laviosa et Fabian Ballarin

Lumières: Emmanuel Faure, Costumes: Eymeric François / Anne de Vains, Directeur Musical: Didier Louis, Son (d'ailleurs remarquablement bien pris en charge): Mathieu Bionnet

Au Théâtre des Bouffes Parisiens, 4 rue de Monsigny, 75002 Paris le samedi à 19h, le dimanche à 17h30

De 10 à 39€

 

Merci à la troupe et au Théâtre des Bouffes Parisiens pour l'invitation :)

 

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Hôtel des deux mondes au Théâtre Rive Gauche

3 Février 2017, 20:32pm

Publié par Claire

C'est avec une immense joie que j'ai retrouvé le Théâtre Rive Gauche pour assister à une pièce d'un de mes auteurs de théâtre préférés, Eric-Emmanuel Schmitt, dont j'aime beaucoup l'écriture, avec l'art de traiter des sujets graves en mêlant philosophie, ironie et élégance. Et c'est cette écriture si particulière que l'on retrouve dans Hôtel des deux mondes, une pièce qui traite d'un sujet grave, peut-être tabou: le coma.

Hôtel des deux mondes au Théâtre Rive Gauche

L'hôtel des deux mondes, c'est un entre-deux, un endroit où l'on arrive en ascenseur sans vraiment savoir pourquoi au début, accueilli par des anges, mais on le devine au fil des conversations avec les pensionnaires. Un endroit entre la vie et la mort, en attendant que le destin se joue, ce moment décisif qui nous fait reprendre l'ascenseur dans une musique réellement angoissante, et où l'on se surprend à avoir le coeur qui bat, à guetter quelle flèche va s'allumer: bas, haut? Le contact avec le reste du monde, celui des vivants, n'est pas totalement rompu: la mystérieuse docteur S apporte des nouvelles médicales à ces pensionnaires bien particuliers, et on peut entendre les conversations autour du lit d'hôpital en retrouvant sa chambre d'hôtel.

Alors évidemment, cela pourrait être étouffant, pesant, mais c'est sans compter les subtiles touches d'ironie et de légèreté qui permettent de respirer, une vraie réflexion sur la vie et sur le "don" de l'existence, souvent menée par le Docteur S derrière laquelle on voit poindre l'écrivain-philosophe. La mort est-elle toujours juste? Pourquoi certains retournent-ils sur terre contre toute attente, alors que des personnes que l'on juge moralement meilleures meurent trop tôt? C'est au milieu de ces questionnements métaphysiques, dans ce lieu où les douleurs des malades disparaissent, où le corps retrouve sa liberté de mouvement, que naît même une histoire d'amour, un des plus jolis moments de la pièce à mon goût.

 

Crédit photo: Fabienne Rappeneau

Crédit photo: Fabienne Rappeneau

Crédit photo: Fabienne Rappeneau

Crédit photo: Fabienne Rappeneau

Ce très beau texte est sublimé par la parfaite diction des acteurs et une mise en scène plein de trouvailles, dans un décor futuriste où les lumières ont un vrai rôle, rajoutant à l'angoisse du spectateur. C'est ce va-et-vient entre angoisse, émotion, réflexion et humour, avec des personnages si attachants, qui fournit les ingrédients d'une pièce totalement réussie, avec un plateau d'acteurs vraiment exceptionnels et donnant à la pièce toute sa profondeur. J'y repense d'ailleurs depuis, quand je croise un ascenseur, et parce que toutes les jolies réflexions de la pièce continuent à me "hanter", particulièrement l'histoire émouvante du Mage Radjapour... mais je ne vous en dis pas plus.

Crédit photo: Fabienne Rappeneau

Crédit photo: Fabienne Rappeneau

Hôtel des deux mondes

De Eric-Emmanuel SCHMITT
Mise en Scène Anne BOURGEOIS
Avec par ordre d'apparition en scène : Davy SARDOU, Jean-Paul FARRE, Jean-Jacques MOREAU, Michèle GARCIA, Odile COHEN, Noémie ELBAZ, Günther VANSEVEREN, Roxane LE TEXIER

DEPUIS LE 19 JANVIER 2017
Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 15h

Réservation ici

Vous pouvez également découvrir en ce moment au théâtre Rive Gauche une autre pièce dEric-Emmanuel Schmitt, Le Chien, que j'avais chroniquée ici, ainsi que Le Bal de Némirovsky.... l'article arrive !

 

Merci infiniment au Théâtre Rive Gauche pour cette nouvelle invitation :)

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Peau neuve, le nouveau spectacle plein de grâce de Lili Cros & Thierry Chazelle

2 Février 2017, 21:00pm

Publié par Claire

Il y a des jours comme ce jour de janvier où tout paraît banal et pourtant... Ce soir-là, il y avait une grande tempête sur Paris, et tout se soulevait dans les rues de Montmartre, une météo un peu exceptionnelle et originale. Une très belle promenade dans les rues, comme si on était au bord de la mer, la découverte d'une nouvelle salle, le Ciné XIII théâtre, au très joli style Art Déco mais aussi aux très confortables fauteuils puis... un spectacle lui aussi original, hors du temps, plein de grâce et de poésie, mais de joie aussi. Et voilà comment une journée apparemment normale se termine en une soirée mémorable, grâce à la gentillesse des artistes qui ont ensuite discuté longuement avec nous - je suis d'ailleurs repartie avec un CD dédicacé!

Peau neuve, le nouveau spectacle plein de grâce de Lili Cros & Thierry Chazelle

Lili Cross et Thierry Chazelle, c'est tout d'abord une complicité incroyable, palpable du public, et un grand bonheur à partager; la voix cristalline de Lili qui se mélange à la voix grave et à l'humour de Thierry qui joue plusieurs instruments différents durant le spectacle et possède une impressionnante collection de guitares. Mais ce sont aussi des chansons aux paroles très travaillées, tantôt drôles, très drôles, poétiques ou mélancoliques, où il est souvent question d'amour mais pas seulement... Le tout dans une véritable mise en scène, très travaillée, grâce au travail de Fred Radix et François Pilon. 

Un spectacle à découvrir absolument pour ressortir plein d'énergie et d'optimisme! Quant à moi, je compte bien retourner dans cette salle que j'ai trouvée très chaleureuse.

Crédit photo: Lili Cros & Thierry Chazelle

Crédit photo: Lili Cros & Thierry Chazelle

Peau neuve, au Ciné XIII Théâtre jusqu'au 26 février 2017

Réservation ici

 

Merci à eux pour l'invitation :)

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